Rougeole : Implication des religieux dans la mobilisation sociale

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Dans le cadre de la mobilisation sociale de tous les acteurs de la ville de Kissidougou afin de les engager dans le dénombrement et la vaccination des enfants le directeur préfectoral de la santé de Kissidougou et Dr Somparé du PEV ont entretenu 17 imams venus de différentes mosquées le vendredi 20 décembre dans la salle de réunion de la DPS.

Il faut souligner que Kissidougou est une ville avec une forte concentration de la communauté musulmane mais aussi des conservateurs religieux dans certains quartiers où les agents de santé sont souvent confrontés au réticences et aux refus des parents pour la vaccination des enfants.

Dans son allocution, le DPS a sollicité l’implication des imams pour passer le message concernant le dénombrement des enfants de 0 à 11 mois révolus mais aussi la vaccination des enfants âgés de 0 à 59 mois dans la préfecture de Kissidougou. Il a en outre fait un aperçu sur la situation de la rougeole dans le monde, en Afrique et en Guinée ainsi que la justification de cette présente campagne de vaccination couplée au dénombrement.

Les imams dans leur ensemble ont félicité l’initiative qui consiste à les inviter en tant que religieux et de parler des sujets de santé. Ils ont adhéré aux différents messages passés par le DPS qui a été soutenu par des plaquettes A4 intitulées ‘’tout savoir sur la rougeole’’.
Toutefois, les imams sont revenus sur certains facteurs qui créent la réticence dans les quartiers où on trouve la grande majorité des femmes voilées.

L’un parla de latitude des agents vaccinateurs en ces termes:  » Vos agents souvent investis de l’autorité de vacciner se donnent le droit de pénétrer dans nos cours sans avertissement. Nos femmes sont voilées mais quand elles sont chez elles elles enlèvent leurs voiles et les agents qui viennent pénétrer dans les cours provoquent des mouvements à tout va les obligeant à fuir pour se couvrir le visage. Cette frustration née de la violation de leur intimité est un facteur bloquant pour l’adhésion à la vaccination et aussi à des campagnes contre la poliomyélite. »

L’autre raconta en ces termes:  » j’ai éduqué mes enfants surtout les filles en les défendant de porter les pantalons, les mèches et des décolletés. Les agents qui viennent surtout les femmes ou filles sont habillées avec ce mode défendu aux miens. Pour ne pas créer le contraste et par soucis de rester logique dans mes actions, je renvoie sans commune mesure vos équipes de vaccination de chez moi et plusieurs autres personnes dans nos quartiers font de même. Pour les campagnes de vaccination de masses, je suggère que vous utilisez les sœurs voilées qui travaillent dans vos structures de santé pour les envoyer dans nos quartiers afin de vacciner nos enfants. Elles sont mieux acceptées du fait qu’on partage ensemble un idéal et mode de vie commun »

Un tel soutint :  » Monsieur le DPS,  les cas de refus de vaccination signalés dans nos quartiers et à  notre insu sont aussi dus d’abord au manque d’information de l’autorité familiale qui est l’homme. Dans nos quartiers les femmes demandent toujours l’avis des maris avant d’entreprendre quoi que ce soit. Souvent quand nos conjointes refusent la vaccination des enfants la police intervient par la demande de certaines autorités. Cela nous écœure à plus d’un titre. Nous souhaitons être informé avant le lancement des campagnes afin que nous laissons des consignes dans nos foyers et communautés comme vous le faites à travers cette séance de partage d’information.’’

Sur ces déclarations le directeur préfectoral de la santé s’est engagé à prendre en compte la pleine mesure de la situation ainsi que les suggestions faites pour remédier à ces situations de frustrations et réticences.

 

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