erare

Le projet d’appui à la mise en place de huit(8) équipes régionales polyvalentes d’alerte et de riposte aux épidémies (PREPARE) est un projet franco-européen lancé en 2015 en réponse à une demande du ministère de la santé guinéen. Intégré dans la stratégie globale de la lutte contre la maladie à virus Ebola en Guinée, mais également dans la perspective de la phase post-crise, le projet a pour objectif principal de renforcer les capacités de surveillance des maladies à potentiel épidémique, et de permettre une prise en charge très rapide des cas suspects ou confirmés dès le début de l’épidémie et avant le déclenchement des plans de lutte adaptés. Placé sous la double tutelle du Ministère de la santé guinéen et de la coordination nationale de lutte contre Ebola (CNLE), le projet PREPARE a été soutenu par la France et l’Union européenne, qui ont assuré un financement à hauteur de 5,8 millions d’euros sur une durée de trente-huit mois et mis en place en Guinée une équipe de projet de la sécurité civile française, d’Expertise France et de l’institut Bioforce.

 Le point d’application du projet PREPARE est le niveau régional de l’organisation territoriale de la santé. Les capacités d’action de ce niveau sont renforcées par la création d’équipes régionales d’alerte et de riposte aux épidémies (ERARE) s’appuyant sur l’organisation en place.

Ce projet constitue une des « briques » des travaux de consolidation et de renforcement du système de surveillance et de riposte aux épidémies. D’autres projets, constituant d’autres « briques », ont vocation à renforcer les autres niveaux, qu’ils soient communautaires, préfectoraux ou nationaux, ou encore les autres capacités comme celles des laboratoires d’analyse.

Contexte et justification :

Depuis des décennies, la Guinée est confrontée à de nombreuses maladies épidémiques dont la rougeole, la fièvre jaune, la méningite, le choléra… et d’autres évènements de santé publique, puis récemment la maladie à virus Ebola. La surveillance de ces maladies à potentiel épidémique n’a pas toujours permis une détection précoce, indispensable pour mettre en œuvre une riposte adéquate afin de contrôler dès le début de tels évènements. Ainsi pour la maladie à virus Ebola (MVE), il a fallu 4 mois entre décembre 2013 et mars 2014 pour identifier le virus responsable, retardant l’alerte internationale et régionale et la mise en œuvre des mesures de contrôle de l’épidémie. Il est donc apparu indispensable de renforcer le système de santé guinéen à travers des équipes formées et entraînées, pré-positionnées dans chaque région du pays et disposant des moyens d’intervention sur le terrain.

Le Ministère de la santé de la République de Guinée et la coordination nationale de lutte contre Ebola (CNLE) ont demandé à La France et à l’Union Européenne leur appui pour mettre en place des équipes régionales d’alerte et de riposte aux épidémies. Il s’agissait de constituer dans chacune des huit (8) régions administratives de Guinée y compris la zone spéciale de Conakry, une équipe de 24 personnes1 , identifiée parmi les agents en poste au sein des directions régionales (DRS), de l’hôpital régional, de la Direction Préfectorale de la capitale régionale et de l’antenne régionale de la pharmacie centrale de Guinée. Formée, équipée, véhiculée et organisée, l’Equipe Régionale d’Alerte et de Riposte aux Epidémies (ERARE) est un véritable « commando antiépidémique » conçu pour des missions rapides, permettant soit de juguler l’épidémie sinon d’initier la lutte dans l’attente du déclenchement du plan de contingence adapté. Sous la responsabilité administrative du directeur régional de la santé et sous le commandement opérationnel du coordonnateur-régulateur, elle est constituée de quatre modules indépendants : un module Surveillance-alerte, un module Investigation, un module Riposte et un module Sensibilisation. Chaque module est doté de matériels constitués en lots et en kits opérationnels.

L’évaluation externe conjointe du RSI (EEC), conduite en avril 2017 en Guinée a attribué des scores faibles dans presque tous les domaines techniques à l’instar de la surveillance en temps réel, la notification, la préparation, les interventions d’urgence. Par ailleurs, le suivi de la mise en œuvre de la stratégie SIMR relève une insuffisance dans : i l’analyse des données de la surveillance épidémiologique au niveau régional, ii l’absence ou l’irrégularité de la ténue des réunions d’harmonisation des données, iii un retard ou un faible taux de réalisation des investigations, iv une insuffisance de supervision formative des districts sanitaires par le niveau régional, v l’irrégularité voir l’absence de rétro information des régions vers les districts sanitaires. A la fin du projet PREPARE et avec la mise en place d’autres dispositifs (EPARE, COU préfectoraux et régionaux, CTEPI), la nécessité de redéfinir les missions de l’ERARE s’est fait sentir. Les ateliers de révision et de validation du présent guide ont été respectivement organisés en octobre-novembre 2017 et en avril 2018 à l’ANSS. Ce guide d’emploi constitue le document de référence et décrit le cadre général, la mission et le fonctionnement des ERARE

objectifs de l'erare

Objectif général

Contribuer à l’amélioration de la qualité de la surveillance épidémiologique et de la riposte au niveau régional.

 Objectifs spécifiques :

  • Appuyer les districts sanitaires dans la gestion des alertes ;
  • Appuyer les districts sanitaires dans l’investigation et la riposte aux épidémies et autres évènements de santé publique ;
  • Assurer la formation continue des EPARE ;
  • Assurer la supervision formative des EPARE ;
  • Suivre les indicateurs de la surveillance au niveau régional ;
  • Assurer le suivi-évaluation des activités des EPARE.

Spécificités de l’ERARE de la ville de CONAKRY

L’importance et la densité de la population de Conakry augmentent les risques de propagation

rapide d’une épidémie. Elle comporte donc 25 personnels (au lieu de 11 en région) à savoir :

 Un coordonnateur-régulateur

 Sept (06) médecins épidémiologistes/investigateurs

 Deux (02) gestionnaires de données

 Un agent de la santé animale

 Un médecin de prise en charge (Infectiologue)

 Quatre (04) infirmiers

 Un agent de l’environnement

 Six (06) hygiénistes

 Deux (02) logisticiens

 Un (01) technicien de laboratoire

Dans les deux cas, toute autre personne jugée utile par le coordonnateur régulateur peut être sollicitée, en fonction du type et de l’ampleur de l’évènement.

composition de l'ERARE

 Un coordonnateur-régulateur

 Un médecin épidémiologiste/investigateur

 Un gestionnaire de données

 Un agent de la santé animale

 Un médecin de prise en charge (Infectiologue)

 Deux infirmiers

 Un agent de l’environnement

 Un hygiéniste

 Un logisticien

 Un technicien de laboratoire

Critères de sélection et valeurs des membres de l’ERARE

Critères de sélection

 Etre disponible ;

 Etre de la fonction publique et en poste dans la région ;

 Etre âgé au plus de 50 ans;

 Etre motivé à travailler dans l’ERARE ;

 Ne pas être membre d’EPARE.

Le choix des membres de l’ERARE est sous la responsabilité du DRS.

 Valeurs

 Professionnalisme ;

 Probité morale ;

 Engagement.

1.3. Description des modules:

 Les ERARE sont organisées en modules. Une ERARE est constituée de quatre (4) modules à savoir : le module Surveillance alerte, le module Investigation, le module Riposte et le module communication/mobilisation sociale. Chaque module comprend du personnel, son lot de matériels associé à un ou plusieurs véhicules. Les lots de matériels sont composés de plusieurs kits.

 L’ERARE de Conakry possède un format spécifique, adapté aux caractéristiques et aux risques particuliers d’une ville capitale de près de deux millions(2.000.000) d’habitants. Si le nombre d’agents qui forme les modules placés à Conakry diffère, leurs caractéristiques et modes d’action restent inchangés. Le présent guide d’emploi décrit donc le fonctionnement d’une ERARE