Une Seule Santé

La dernière épidémie de la maladie à virus Ebola a engendré une perte de plus de 11 000 vies humaines dans le monde et particulièrement en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016. Elle a aussi eu un impact important au plan socio-économique, entrainant ainsi un ralentissement du processus de développement des pays affectés que sont la Sierra Leone, le Liberia et la Guinée. Ces trois pays font déjà partie des pays les plus pauvres de la planète et la plupart de leurs populations vivent en dessous du seuil de pauvreté.
L’ampleur de cette crise humanitaire a dépassé largement les capacités de riposte de ces pays les plus affectés, dont les systèmes de santé sont corolaires au niveau de leur développement. Les raisons de l’expansion rapide et longue de cette maladie en Afrique de l’Ouest s’expliquent entre autres par cette ampleur minimisée par les autorités au début de l’épidémie, la faible capacité de riposte des trois Etats les plus affectés et la faible promptitude de la réaction de la communauté internationale à apporter l’aide nécessaire à contenir des évènements de telle portée internationale et mondiale.
Enfin, les efforts conjugués du gouvernement et de la communauté internationale ont permis de mettre fin à cette pandémie sans précédent. Cette maladie se situe en fait à l’interface Homme-Animal-Environnement. Elle fait partie des zoonoses ou maladies qui se transmettent de l’Homme à l’Animal ou inversement. Ce phénomène prend de plus en plus de l’ampleur car de nouveaux agents pathogènes passant des animaux à l’homme, dus au changement de l’environnement, ont émergé plus d’une fois par an ces trente dernières années.
Les leçons apprises de la gestion de l’épidémie de la maladie à virus Ebola en 2014-2016 en Afrique de l’Ouest montrent clairement la nécessité d’une coalition internationale mais aussi celle d’une approche multisectorielle régionale et nationale pour une gestion efficace et durable des menaces de santé publique sans oublier la croissance de la résistance antimicrobienne. Pour cela, tous prônent l’adoption de l’approche One Health ou Une Seule Santé. L’approche Une Seule Santé, qui est une approche multisectorielle, multidimensionnelle et pluridisciplinaire, permet de fédérer les efforts et les moyens de prévention, de détection et de réponse afin de faire face aux menaces de pandémies émergentes.
En Guinée, le processus de la mise en place et de l’opérationnalisation de cette approche est à un niveau avancé grâce notamment à l’appui technique du projet Préparation et Réponse/DAI financé par l’USAID. Cet appui a permis entre autres, la sensibilisation du gouvernement, la signature d’un engagement des ministres ayant la Santé Animale, la Santé Humaine et l’Environnement dans leurs attributions, la signature d’un Arrêté conjoint par ces ministres, la mise en place d’un comité de pilotage et d’un comité technique de coordination multisectorielle de la plateforme Une Seule Santé, l’élaboration d’un Manuel de gouvernance, d’un plan d’action de la plateforme et du plan stratégique national Une Seule Santé. Ce plan stratégique ainsi développé est et demeure le cadre unique de référence des interventions dans les domaines
Plan Stratégique National « Une Seule Santé », Guinée de la prévention, détection et riposte aux évènements de santé Publique y compris les maladies émergentes et ré-émergentes en Guinée. Le Gouvernement de la Guinée s’approprie ainsi l’approche « One Health » et s’engage à la promouvoir pour le bien-être des populations vivant sur le territoire national.

Les ravages entrainés par la maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest (Guinée, Liberia et Sierra Leone) de 2014-2016 ont fait preuve de la nécessité de conjuguer les efforts multisectoriels en vue de bien contrôler cette épidémie. Ainsi, la Guinée a adopté l’approche Une Seule Santé ou One Health. L’approche One Health est basée sur le cadre de concertation multidisciplinaire et multisectorielle de gestion efficace des évènements de santé publique à travers la surveillance, la prévention, la détection et la réponse rapide aux menaces de santé publique afin de faciliter l’atteinte des objectifs du Règlement Sanitaire International (RSI 2005), de la Performance des Services Vétérinaires (PVS) et du Programme Mondial de la Sécurité Sanitaire (GHSA).
En matière de One Health en Guinée, l’année 2017 a été marquée par le lancement de l’Arrêté conjoint No A/2017/3337/ MS/MEPA/MEEF/SGG portant Création, Organisation et Fonctionnement de la Plateforme Nationale One Health (PNOH). Des lors, le pays a mis en place divers mécanismes visant à renforcer la mise en oeuvre de l’approche. C’est dans ce même cadre que la Guinée vient d’initier le ‘Plan Stratégique Une Seule Santé 2018-2023’.
Le présent plan stratégique est le fruit d’un travail assidu de toutes les parties prenantes. Il importe de noter qu’il est surtout le fruit de l’atelier organisé par la Plateforme Nationale à Kindia du 31Juillet au 2 Aout 2018 pour son élaboration et de ‘atelier tenu à l’Hôtel Royal Riviera (Conakry) du 25 au 26 Septembre pour sa validation.
Ces ateliers, qui ont tous deux bénéficié de l’appui technique du Projet Préparation et Réponse (P&R) sur financement de l’ Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), ont connu une vive et inclusive participation des acteurs gouvernementaux concernés, aussi bien du niveau central que du niveau déconcentré, ainsi que des partenaires institutionnels comme l’ Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture(FAO), l’ Organisation Internationale pour la Migration (OIM), l’Organisation Mondiale de la Santé OMS ainsi que du Projet de Renforcement de la Surveillance des Maladies en Afrique de l’Ouest (REDISSE) et du Projet Predict.
Le présent plan stratégique définit de manière explicite la vision, la mission ainsi que les valeurs qui sous-tendront toute l’action ‘Une Seule Santé’ en Guinée durant les cinq années à venir. Il définit aussi les piliers stratégiques, les objectifs, les activités ainsi que les indicateurs devant régir sa mise en oeuvre. Ce plan précise aussi le mode de financement, de gestion et de suivi-évaluation du plan.
La vision ‘Une Seule Sante’ de la Guinée est énoncée comme suit : « Une Guinée, capable de prévenir, détecter et de répondre efficacement aux épidémies et autres événements de santé publique constituant une menace pour la santé humaine, animale et environnementale selon une approche multisectorielle à l’horizon 2023. »
Plan Stratégique National « Une Seule Santé », Guinée
La mission, quant à elle, est de « coordonner de façon multisectorielle les interventions sanitaires en vue de prévenir, détecter et riposter contre les maladies émergentes et ré émergentes à potentiel épidémique et pandémique constituant une menace de santé publique aux plans national et international. »
Les valeurs clés, se résument en la collaboration, la responsabilité, l’intégrité, la fiabilité, l’égalité, le sens de l’urgence et la redevabilité.
Les grands axes d’intervention ou piliers stratégiques durant les cinq années à venir, pour leur part, ont été définis comme suit :
 Coordination, collaboration et bonne gouvernance ;
 Renforcement des capacités et recherche ;
 Prévention, Surveillance intégrée et riposte ;
 Communication, mobilisation sociale et plaidoyer.
La mise en oeuvre de ce plan stratégique relève bien entendu de la responsabilité du gouvernement qui bénéficiera sans nul doute de l’appui de ses partenaires au développement. De manière spécifique, il revient au Secrétariat Permanent de la plateforme (SP), avec l’appui technique de Groupes techniques thématiques (GTT) de mettre en oeuvre ce plan au quotidien. Le comité de pilotage (CP), quant à lui, est chargé de la mobilisation de toutes les parties prenantes ainsi que des ressources nécessaires pour l’atteinte des objectifs du plan. Le comité technique de coordination multisectorielle (CTCM) quant à lui, a pour responsabilité principale son suivi et évaluation.